Mélusine

Mélusine est une jeune fille merveilleuse, née des amours d’un homme et d’une fée.  Ses longs cheveux soyeux lui couvrent les épaules, descendent jusqu’à sa taille.  Elle est vêtue d’habits magnifiques, parée de somptueux bijoux.  Plus belle que la plus jolie princesse d’un conte d’Orient Par une nuit étoilée, je l’ai vue danser sur le rivage.  Son corps svelte semblait aérien.  Un choeur de gazouillis, coassements et crissements rythmait ses pas, orchestre sabbatique de flûtes, percussions et cordes.  Toute la nuit, elle a dansé parmi les elfes et les lutins.  Soudain, venant d’un rayon de lune, j’ai entendu sa mère l’appeler

Viens, Mélusine

Annette_Copy

 Mélusine, regarde la pendule. minuit est loin, la nuit s’achève.

Il faut quitter ce peuple incrédule, partir très vite, le jour se lève.

Laisse ici tes habits de rêve, tu reviendras les chercher un jour,

Pour danser encore sur la grève tout illuminée d’argent et d’amour.

Sur la haie fleurie, pose ta mantille de dentelle constellée de diamants.

Peut-être qu’une petite fille la trouvera, mais on ne croit pas les enfants.

Ses parents diront : « Ce n’est que rosée brillante dans le soleil du matin,

Sur une simple toile d’araignée. »

Va déposer, au fond du jardin tes topazes sur les yeux des crapauds.

Elles seront bien à l’abri du voleur, car, vois-tu, les hommes sont si nigauds

Qu’ils traiteraient sûrement de menteur quiconque leur dirait la vérité.

Offre ta voix divine au rossignol qui calmera l’âme tourmentée

Du genre humain, présomptueux et fol. Ta robe de tulle, couleur argentée,

Confie-la au vent. En prenant grand soin, il la déploiera dans une envolée,

Et, la tenant doucement par un coin, voilera le visage de la lunelune-voilee-copy

Elle deviendra une sultane dansant gracieusement pour Neptune.

Ta ceinture, souple comme liane, fais-en don à la rivière jolie.

Heureuse, elle l’étalera de suite tout au long de la prairie.

Dessous  se cachera la truite qui racontera aux petits poissons

Comment Mélusine, pour un certain temps,

Partit en voyage après les moissons.

Elle reviendra, dans quelques printemps tourbillonner au sein des assemblées,

                      Quand les hommes, de nouveau, croiront aux fées

ligne-grise

Comments are closed.