L’orme mort

Orme           L’orme mort

Dire qu’il était l’orgueil du parc où il vivait,

L’orme majestueux que chacun admirait!

Face au grand hôpital où il était planté,

La triste maladie lentement l’a tué.

Car ni le médecin ni l’art du jardinier

Ne l’ont secouru et n’ont pu le sauver.

Voyez comme aujourd’hui, dans un ultime effort,

Au ciel indifférent, il lance son bois mort.

Les gens passent près de lui, sans le moindre regard,

Les oiseaux l’ont quitté. Pour lui, il est trop tard.

Mais le soleil se fait compatissant,

Auréole son front par l’âge grisonnant,

Et, dans la chevelure frémissante au vent

Des grands arbres bien verts, on voit briller l’argentorme-mortspan>

Fier, courageux, contre vents et marées,

Soutenant ses branches maintenant dénudées,

Il dresse encore son tronc, suprême coquetterie,

Pour offrir, avant le passage de la scie,

Le spectacle émouvant du vieillard condamné,

Pathétique peut-être, mais beau de dignité.

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