L’évasion de Yves Tremblay

 

« Attention!  Lorsque, parmi vos patients, vous avez un prisonnier, soyez toujours vigilantes.  S’il veut s’évader ou si des complices viennent le délivrer, pas d’héroïsme!  Laisser faire.  Votre seule préoccupation doit être la sécurité des autres malades.  La plupart des prisonniers sont inoffensifs.  Mais un désespéré peut devenir extrêmement dangereux.  N’oubliez jamais! »  Nous l’a-t-elle assez chantée cette litanie, notre boss!  Une vraie paranoïaque!  C’était d’ailleurs, un sujet de plaisanterie entre nous : elle lit trop de romans policiers!    Jusqu’au jour où…

Nous ne savions pas que, chambre 36, le prisonnier, victime d’un règlement de comptes, était enregistré sous un faux nom, par ordre des autorités carcérales.  Deux policiers le gardaient : un dans la chambre, l’autre dans le couloir.  Celui du corridor avait conservé son arme, malgré le désaccord de notre chef.

À deux heures du matin, le téléphone sonne.

– Bonsoir, Garde.  Comment va Monsieur Dubois?

– Nous n’avons aucun patient de ce nom.

– Regardez bien, Garde.  Il est entré avant-hier.  Jacques Dubois.  Il est certainement avec des policiers.

  – ….« Attention!  Lorsque, parmi vos patients, vous avez un prisonnier, soyez toujours vigilantes… extrêmement dangereux.  N’oubliez jamais!_»

– Nous n’avons aucun prisonnier sur l’étage en ce moment et aucun visiteur policier.

L’homme raccroche.   Vite, il faut appeler la Sécurité.

Dans les deux minutes qui suivent, le responsable de la sécurité est dans le département suivi de près par six policiers.  Deux se placent à un bout du couloir, deux, à l’autre bout, un devant l’escalier de secours.  Le dernier, le sergent, se met devant le poste.

– Continuez votre travail, Garde.

La peur insidieuse nous envahit.  Nous ne voyons que les uniformes et surtout la crosse des revolvers.  Que va-t-il arriver?  Heureusement, tous les patients dorment et les policiers armessont silencieux.

Le téléphone cellulaire du sergent sonne.

– Bon. …..  Très bien.       Il plie l’antenne.

– On les a arrêtés en bas.  Devant l’entrée Nord.  Une voiture, trois gars, des revolvers, un pistolet-mitrailleur.  Des petits copains de Tremblay.   À moins qu’ils soient venus pour finir le travail commencé ! C’est terminé.  Bonne Nuit, Garde.

 

 

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