Le pluvier Kildir

pluvier-journalCountry Weekend Champêtre, Septembre 1994

Le pluvier kildir

Habituellement, le pluvier kildir se tient perché sur ses longues pattes d’oiseau de marécage, la tête haute, montrant fièrement ses deux colliers noirs sur sa collerette blanche. Ses ailes et son dos sont bruns, sa grande queue d’un beau roux orangé. Quand il vole, on peut voir la ligne blanche aui souligne le bord postérieur des ses ailes fortement échancrées en forme de V inversé.  Il lance toujours de vibrants «kildir…kildir…»

Généralement, il est assez craintif. Or, ce jour-là, le corps pointé vers l’avant, le cou rentré, les ailes pendantes, la queue déployée, le regard furibond, le pluvier kildir me défiait.

Immédiatement, j’ai pensé au nid. Je ne voyais que des cailloux gris, blancs ou bleus et quelques feuillages fanés dans une végétation clairsemée.

Soudain, mon œil s’est fixé sur quatre petites pierres ovales de couleur gris-clair. Tachetées de gris sombre et de bleu. Leur régularité m’étonnait. Il s’agissait effectivement de quatre œufs déposés dans un nid rudimentaire, à même le sol.Ils étaient presque invisibles. Deux pas de plus et je les écrasais.

Je me suis légèrement détournée sans brusquerie. Aussitôt, l’oiseau s’est éloigné. Malheureusement, il est tombé sur le côté. Il s’est relevé péniblement pour tenter de s’échapper. Je le poursuivais doucement. Le kildir semblait réellement souffrir et poussait des cris plaintifs. Chaque fois que je l’approchais, il s’éloignait un peu, essayait de s’envoler. Peine perdue, son aile restait pendante. Il avait des soubresauts pénibles à voir..

Après avoir parcouru une distance d’une dizaine de mètres, il a brusquement pris son envol en lançant des «kildir… kildir…» furieux et vainqueurs.  En jouant à l’oiseau blessé, à la proie facile, il avait sauvé son nid.ligne-grise

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