Hommage à Sol (Marc Favreau)

(N.B. Le theme À la manière de… m’a inspiré la fable   »La souris et le crapaud »  . Par la suite, en homage à Sol, j’ai repris le thème. Mais ce difficile exercice m’a demandé des heures de travail. En aucun cas il ne pouvait être écrit dans un simple atelier d’ériture)

GrammaireGrammaire, oh! ma vieille Grammaire,
Il me faut maintenant t’oublier,
Nier ta syntaxe séculaire,
Écrire sans toi, ne plus t’écouter.
Tu es l’ossature du langage,
Tu es les barreaux de ma cage.
Excuse-moi, je veux m’envoler!

Faut-il t’expliquer sans trêve?
Aujourd’hui, je veux m’offrir
Un voyage au pays du rêve.
Que mots et idées dansent de plaisir,
Une farandole de liberté!
Et tout le temps de ma poésie,
Toi, tu vas chez le Diable, ma Mie!

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Thème: Espaces

Sol(Wikipedia: Marc Favreau 9 novembre 1929 –17 décembre 2005) est un humoriste et comédien canadien (québécois).
Il est principalement connu pour son personnage de Sol, le clown clochard. Ses textes à la fois naïfs, poétiques et humoristiques ont fait le bonheur du public, aussi bien au Canada que dans la francophonie.
Sol « prend les mots pour d’autres », les mélange et les malaxe pour le plus grand délice de son public, et pour mieux lui dépeindre à quel point il (lui, le public) est en train de mettre le monde tout à l’envers.)

Le 17 septembre 2006, j’ai écrit ce texte en hommage à Sol :

Dernier appel

Il marathonne, le temps. 11h25… Déjà… Dernier appel…Mon karmabagage en main, je m’essouffle… m’essouffle… ouffle… Je déssouffle… 11h29. C’est le décollement. Le grand décollement. Sans tambourinage, ni trombonne. L’accélératage est effroyabilique.

Pftt.. Dans l’espace sidérant.

Tu crois que c’est vide dans l’espace sidérant, mais c’est pas vrai. C’est plein de débridés, l’espace sidérant, d’astérotessons, de rusées lunatiques, de traînées cométantes, d’orbités, de desorbités, d’espionnites, de molettes en fuite et je te dis pas tout…

On file, on file, on défile, on se faufile, on s’effile dans l’embrouillage détritutionnel, on traverse la piste laiteuse, le cosmolithique. Et ça va vite, ça va vite…

Arrêt Station. Y a plein de monde qui attend le Dédouanisateur.
C’est pas bien organisé, là-haut, tu sais. Ça carbure de partout et il n’y a qu’un seul tuyau d’échappement. Il faut que tu te perches à la ligne. Mais moi, je suis pas fou. Je sais que le monde, dans la queue-leu-leu, va vouloir harponner ma place. Alors je regarde, et quand je vois la colossale, je m’agrippine. Ils ne la ferreront pas ma place, les autres percheurs à la ligne.

Y des pressés qui veulent passer devant tout le monde. Ils montent sur le roulant tapissé. Mais c’est pas une bonne idée : c’est une descente de tapis très acérée et ils ont pas encore compris, les pressés, que ça tue vite la vitesse! Dès qu’ils embarquent dessus, ils ont peur, ils deviennent dépressés de peur. C’est sûr, quand tu files comme un damné, quand tu descends, descends toujours, tu te demandes où tu vas tomber!

Là-bas, tout au fond, la décisive porte est très énormément étroite. Au beau milieu, juste un petit œillet, petit petit tu peux pas savoir. C’est pas tout le monde qui peut passer par le chatouille d’une aiguillette. Alors, quand t’arrives, quand c’est ton tour, le Dédouanisateur te fait monter sur la balançoire. Tout seul.

Si ton karmabagage est trop lourd, il t’envoie dans le noyau par le descendeur, le sensuniquateur. Et il fait chaud, dans le noyau! Pas d’air conditionnel. Juste un magmafourbi! Tu t’y fais suer!

Si ton karmabagage est trop épais, tu vas au laminatoire. Au laminatoire, tu t’égrappilles, tu t’écrasouilles, tu fermentes, tu décantilles pendant quelques millésimes…Puis on t’envoie te rebalancer.

J’appréhanbule mon tour. J’ai peur…J’ai peur. Je me cache avec mon karmabagage derrière la colossale. Mais plus tu te caches, plus il te cherche, le Dédouanisateur. Et comme il y a juste une colossale ici, il te trouve!
«SOL!»
Je ne veux pas! Je ne veux pas y aller! Je m’agrippine plus fort, je me crampatouille!

J’ten fiche! La balançoire m’aspirallise avec mon karmabagage. Son aiguillette bouge à peine tant je suis léger… legééér… Je m’évaporilise dans l’espacement grand paradis, m’imperceptibilise… me sublimatise… et m’é…ter…nii…se

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