Confidences

Je sais une petite ville blottie au coeur des nuages.

Ses habitants ne sont que mille, tous des sages ou des mages.

 

Une nuit  – aurais-je rêvé? – j’ai aperçu près de mon lit,

L’un d’eux qui m’a demandé de le suivre sans faire de bruit.

 

La lune a posé son rayon sur le bord de ma fenêtre.

Tout doux, j’ai quitté la maison avec cet étrange petit être.

 

Chez lui, on choisit son métier au gré de sa fantaisie.

Je n’en ai pas vu s’ennuyer, ils ignorent la mélancolie.

 

J’ai vu un bien curieux laitier jeter tout son lait dans l’évier.

Et sur le Québec tout entier, il a commencé à neiger.

 

Un pâtissier, dans une trouée secouait torchons enfarinés.

Ce jour, sur l’île de la Couvée, cent goélands se sont posés.

 

Plus loin, des vieux semeurs lançaient leurs graines à la volée.

Des couples de merles chanteurs sont arrivés en matinéeaquarelle

Un peintre en bâtiment préparait toutes ses couleursaquarelle

Et mon pays, subitement, s’est couvert de feuilles et de fleurs.

 

Un menuisier, sur l’établi, clouait ses planches en chantonnant.

Sur terre, dans le ciel assombri, le tonnerre claquait en grondant.

 

Un fermier étourdi a mis dans un panier percé

Ses oeufs de cailles, de colibris. Sur mon jardin, il a grêlé.

 

Sur un tapis me suis couchée.  En douceur me suis envolée.

Dans mon lit, me suis réveillée au tout début de la journée.

 

Dehors, il pleuvait à pleins seaux. Je savais que le chef pompier

Là-haut, vidangeait ses tuyaux. C’est bien normal dans son métier!

 

Je ris maintenant tout le temps. Ils ont ensoleillé ma vie.

Été, automne, hiver, printemps, je les vis dans la poésie.

 

 

 

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