César, mon crapaud

CÉSAR

J’ai chanté le pic, le héron, l’araignée et le papillon,
Mais je n’ai jamais conté mon crapaud bien aimé.
Il est vrai qu’il est discret, qu’il passe souvent inaperçu.
Moi, j’ai percé son secret quand, par hasard, je l’ai vu.
Je désherbais le potager rêvant à Dieu sait quoi,
crapaud>Quand il m’a fait sursauter, bondissant juste devant moi.
Il avait décelé une limace se promenant sur une salade.
Et sans la moindre grimace, l’avala dans une gambade.
D’un pas de sénateur, il partit se cacher.
Ensuite il s’endormit, sans doute pour digérer.
Lentement, au fil des jours, j’ai appris ses solitudes,
Ses cachettes, ses tours, en un mot, ses habitudes.
Il est devenu mon copain. Il se laisse prendre dans ma main.
Il se dresse sur le bout des pattes
Semblant dire : « Alors, tu grattes? »
Je flatte son dos arrondi, il ronronne de satisfaction.
Il paraît tout engourdi, mais ce n’est qu’illusion.
Je le pose sur la terre, il ouvre ses beaux grands yeux,
Deux topazes pleines de lumière, s’éloigne d’un bond vigoureux.

L’hiver venu, mon crapaud s’en va.
Où se cache-t-il dans la froidure?
Qu’importe! Quand le printemps paraît, César est là,
Près de la clôture.

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