Après la tempête

APRÈS LA TEMPÊTE

Malmenée par le vent, encore tout étourdie,
La forêt doucement tente de s’endormir.
La tempête est passée. Elle se sent alourdie
Par l’épaisse neige qui veut l’ensevelir.

Le ciel si gris, si bas, semble l’abandonner,
Cache ses étoiles, lui vole sa lune.
Elle est seule et triste, rien ne peut l’égayer.
Il lui faut oublier ce soir d’infortune.

Les animaux aussi restent tapis chez eux
Par peur de réveiller ce Dieu irritable,
Qui hurlait et soufflait. Devenu furieux,
Il paraissait soudain être aux ordres du Diable.

Alors, en silence, elle se fond dans la nuit.
Elle laisse s’écouler les heures au ralenti.
Sur le lac complice, on n’entend plus un bruit.
On voit même arriver l’aube en catimini.

Apres-la-tempete>Dans un ciel azuré, éclatant, lumineux,
Le soleil explose pour se faire pardonner.
La neige étincelle, brille de mille feux.
Surpris, tous les oiseaux se mettent à chanter.

La forêt s’éveille et pendant un instant,
Elle n’ose pas bouger devant ce miracle.
Elle s’ébroue en douceur. Puis d’un air nonchalant,
Elle offre sa beauté, sa joie en spectacle.

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